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Voeux de Christian Rebière

 

INTERVENTION VŒUX DE L’UD - 2011

 

 

Chers camarades,

 

Je vous propose de placer cette initiative sous le signe de la solidarité avec le peuple tunisien et particulièrement avec ses salariés et leur organisation syndicale, l’UGTT. Dans un contexte nouveau, celle-ci revendique un modèle de développement du pays répondant aux besoins essentiels et la population. Les travailleurs tunisiens revendiquent un droit un emploi décent assurant un revenu stable permettant à chacun de subvenir à ses besoins et de disposer de garanties en cas de perte d’emploi. Tel est le sens de la demande de création d’une caisse d’assurance chômage. Nous sommes bien sûr solidaires des revendications des syndicalistes qui aspirent à un régime démocratique, au respect des libertés publiques, de la presse et des médias, à l’indépendance de la justice et au respect des droits syndicaux, de manifester et de grève. Sur ce sujet, comment ne pas être indigné par l’attitude du gouvernement français qui aura soutenu jusqu’au bout le régime dictatorial de Ben Ali, déniant sa nature autoritaire, allant jusqu’à proposer une coopération avec les autorités tunisiennes pour le maintien de l’ordre… Nous suivrons bien sûr avec attention l’évolution de la situation sociale dans ce pays.

 

Votre présence nombreuse ici ce soir, à l’appel de notre union départementale, marque la forte volonté que nous avons de nous retrouver pour un moment de rencontre fraternelle, nous qui, actifs, retraités, jeunes, avons arpenté sans relâche les rues et boulevards de nos cités périgourdines tout au long de l’année 2010. A Périgueux, Bergerac et Sarlat, nous comptions plus de 13000 manifestants au plus fort du mouvement dont un très grand nombre sous les couleurs de la CGT.

 

Je tiens à mettre ici en valeur les militants de notre organisations qui ont œuvré au succès des manifestations et en particulier celles et ceux qui ont pris en charge leur aspect matériel en donnant beaucoup de leur temps, camions à récupérer, à décorer, à ramener, sonorisations à installer, banderoles, tirage de tracts par dizaines de milliers, distribution de tracts sur les marchés et dans les entreprises, slogans, buvettes, cuisson sur les planchas, j’en oublie certainement… Que chacune, chacun en soit remercié.

 

Cette année 2010 aura non seulement marqué l’histoire des luttes sociales mais aussi l’histoire du syndicalisme et le regard que portent sur lui les salariés et citoyens en France et au delà.

 

/…

 

Le mouvement que nous avons construit ensemble dans la durée s’est accompagné de forts bouleversements dans l’opinion, 70 % des français étant aujourd’hui opposés à la loi sur les retraites alors que, il y a un an, une majorité estimait que le projet du gouvernement était la seule solution possible.

 

Il n’est comparable à aucun autre : Cela ne s’était jamais vu de lancer en juin un appel à la mobilisation pour septembre et d’enchaîner dans la foulée 7 manifestations de 3 à 5 millions de personnes cumulées. Sa puissance sera liée à une situation devenue intolérable pour les salariés et à la prise de conscience qu’on ne pouvait pas continuer à accepter les nombreuses régressions en cours ni payer les conséquences de la crise du système financier.

 

Le concept de syndicalisme rassemblé préconisé depuis de nombreuses années par la CGT s’est concrétisé dans une intersyndicale nationale, déclinée au niveau départemental, qui a tenu bon malgré tous les écueils. L’unité a été plébiscitée à la base, où les adhérents des différents syndicats ont appris à se connaître et à travailler ensemble. Une unité qui n’est pas de façade mais qui est le résultat d’une démarche construite en toute franchise à travers des initiatives communes, à partir de tout ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise. A l’évidence, l’unité, c’est ce qui a fait la puissance de ce mouvement tout comme elle fera la puissance des mouvements et luttes à venir.

 

Certes, Sarkozy et le gouvernement sont passés en force, la loi est promulguée, ce qui ne la rend pas plus juste. Ce déni de démocratie est à mettre au passif de ceux qui dirigent le pays aujourd’hui. Les inégalités mises en évidence dans la période posent la question de la redistribution des richesses. Pour beaucoup, la société telle qu’elle est n’est plus acceptable, la question essentielle restant entière : comment mettre un coup d’arrêt à la destruction systématique des conquêtes et des droits sociaux, organisée au pas de charge par une politique soumise au capitalisme,  sans attendre la fameuse échéance de 2012 ?

 

Les syndicalistes ont donc toute leur place dans les débats qui s’annoncent. Et ce n’est pas parce que nous sommes indépendants, ce n’est pas parce que le temps politique est différent du temps syndical, que nous renoncerons à porter nos idées auprès des partis politiques. Et nous serons toujours ouverts à ceux qui veulent travailler sur la défense et l’amélioration des conditions de travail des salariés.

 

 

 

/…

En ce mois de janvier 2011, nous sommes dans une nouvelle séquence qui appelle de nouvelles mobilisations. De grandes questions sont sur la table pour lesquelles les salariés auront à intervenir en interne, dans leurs entreprises, par le biais des négociations annuelles obligatoires :

  • les salaires et le pouvoir d’achat,

  • la pénibilité,

  • l’égalité entre les hommes et les femmes,

  • le temps de travail et les 35 heures,

 

mais aussi de manière interprofessionnelle avec :

- la réforme de la dépendance,

- l’emploi industriel,

- les services publics, véritable enjeu de société,

- l’assurance chômage,

- la retraite… et les retraites complémentaires en particulier.

 

La semaine dernière se tenait la réunion paritaire destinée à établir l’agenda des prochaines négociations nationales interprofessionnelles entre patronat et syndicats. Fidèle aux intérêts et privilèges des siens, le Medef a rappelé son seul objectif, à savoir inscrire dans le marbre les allègements de cotisations sociales, poursuivre le désengagement des entreprises et reporter les financements sur la fiscalité… En matière de réponse aux attentes sociales, notre priorité à nous sera bien le prolongement des mobilisations de l’automne par le développement entre autre, de la campagne salaires, emploi, retraite, protection sociale.

 

Chers camarades, aujourd’hui la côte des syndicats est au plus haut parmi les salariés et dans l’opinion publique. L’affrontement avec le pouvoir se traduit par une hausse des adhésions pour les syndicats impliqués dans la mobilisation sur les retraites. Sur cette lancée, notre commission exécutive de ce jour a décidé de poser en grand la question de l’adhésion à la CGT, de la création de bases syndicales CGT dans les établissements et entreprises, pour une plus grande efficacité revendicative en Dordogne.

 

La place prise par les organisations syndicales dans le mouvement social, la confiance exprimée par les salariés, sont autant de signes qui doivent nous inciter à faire toujours mieux ce pourquoi nous nous sommes, individuellement et collectivement engagés, à savoir faire entendre notre voix, faire respecter nos droits, en conquérir de nouveau.

 

Vous l’avez compris, pour la CGT en 2011, on ne va pas en rester là ! Alors, bonne et heureux année à toutes et tous, dans les luttes et les succès !

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